Législatives 2024 : Élodie Jacquier-Laforge se désiste dans la 9e circo de l’Isère

L’information circule depuis ce matin dans des boucles WhatsApp, c’est maintenant officiel : Élodie Jacquier-Laforge se désiste pour le second tour des législatives dans la 9e circonscription de l’Isère au profit de la candidate du Nouveau Front populaire, Sandrine Nosbé, indique son équipe de campagne par le biais d’un communiqué publié sur X.

Cette décision de la députée sortante (Modem-Ensemble) était très attendue, c’est le moins que l’on puisse dire. Élodie Jacquier-Laforge s’est donné le temps de la réflexion, jusqu’à ce mardi 14 heures, avant de dévoiler son intention de ne pas briguer à nouveau ce mandat remporté haut la main en 2017 et reconduit en 2022 face à Sandrine Nosbé déjà.

Précision : elle ne donne pas, dans ce communiqué, de consigne de vote claire, préférant faire “confiance aux électeurs de la 9ème circonscription de l’Isère pour décider de l’avenir de ce territoire”.

Dans un communiqué publié sur Twitter en milieu d’après-midi, Sandrine Nosbé “salue cette honorable décision républicaine”, qui “nous engage”. Et conclut en paraphrasant Élodie Jacquier-Laforge (qui avait tweeté “Le combat pour la démocratie continue”) : “Le combat pour la démocratie se joue maintenant.”

Les appels s’étaient multipliés sur les réseaux sociaux pour inciter la députée sortante à se retirer au second tour, sachant qu’elle avait terminé en 3e position au premier, à quelques centaines de voix seulement derrière la candidate NFP. Notamment en provenance de la fédération iséroise du PS et du collectif Écologie Démocratie Solidarité. Une pétition avait également été lancée par l’association Victoires populaires (voir notre post d’hier), qui au moment d’écrire ces lignes avait récolté près de 2.500 signatures. Les militants de gauche, qu’ils soient liés au Nouveau Front populaire ou à Victoires populaires notamment, ont quant à eux fait monter la pression sur l’élue, insistant sur la dimension morale de son désistement et sur le poids que faisait peser son silence sur une campagne déjà délétère.

On imagine qu’une certaine forme de mathématique électorale est entrée en jeu dans sa réflexion, justifiée peut-être par la question des reports de voix et l’écart faible avec la candidate NFP sur fond d’avance considérable de Cécile Bène (RN) – en tension avec les exigences d’un « front républicain » strict, voulant que le·la candidat·e arrivé·e en 3e position se désiste automatiquement en cas de triangulaire avec le Rassemblement national.

Tout n’est cependant pas si simple partout. Les consignes de vote, en cas de triangulaire notamment, ne sont pas claires – voir l’article de France Bleu. On en arrive souvent à une analyse au cas par cas, et non à un “front républicain” clair et net, entre autres parce que, selon celui ou celle qui en parle, tel parti ou telle personnalité politique peut être jugé·e comme ne relevant pas de l’“arc républicain”, ce qui complique naturellement les choses.

En outre, si des candidat·es de tous bords jettent effectivement l’éponge au nom de la lutte contre l’extrême droite, notamment dans l’Isère, il est des circonscriptions où personne ne semble vouloir lâcher le morceau au second tour.

Pour preuve, la 8e circo du Rhône, comme l’écrivent nos confrères du média indépendant L’Arrière-Cour à Lyon : “Parvenu en tête avec 33,46% des suffrages, le candidat RN Jonathan Gery ne devrait pas être en situation de l’emporter dans l’une des circonscriptions les plus rurales du département. Et pourtant, il sera peut-être élu dimanche prochain, car le premier tour a vu trois autres candidats atteindre la barre des 12,5% des inscrits et ainsi se qualifier pour le second tour. Or, aucun n’a annoncé son retrait à cette heure, offrant sur un plateau une quadrangulaire au RN.”

Derrière la candidate NFP Anne Reymbaut, arrivée en deuxième position et donc incitée à se confirmer au second tour, le candidat de l’ex-majorité présidentielle, Dominique Despras (21,2%), estime en effet être “le seul à pouvoir gagner contre les blocs extrêmes” et a donc maintenu sa candidature, tout comme la députée sortante, Nathalie Serre, dont le parti (LR) n’a pas donné de consignes nationales de désistement et qui appelle le candidat macroniste à “analyser lucidement les résultats” et à retirer sa candidature en suivant les directives nationales de son parti.

Un scénario qui ne se reproduira donc pas dans la 9e circonscription de l’Isère. Reste à savoir ce qu’Élodie Jacquier-Laforge compte faire dans le futur. Après tout, les municipales ne sont pas si éloignées que cela. Cette Grenobloise de naissance et conseillère municipale à Bilieu, qui a suivi toute sa scolarité secondaire à Voiron, sera-t-elle tentée par un mandat de maire dans notre circonscription ?

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