La vente de deux parcelles à King Jouet, mais aussi 200.000 euros de caméras de surveillance et un « couac » de la mairie qui l’oblige à aménager elle-même un parking dans la ZAC Rossignol-République : le menu du conseil municipal du 30 octobre est plutôt copieux.
La vente des deux parcelles occupées actuellement par le parking des Frères-Tardy fera l’objet des quatre premières délibérations du prochain conseil municipal, à Voiron, le 30 octobre.
Rappelons qu’en tout et pour tout, ce projet mené par King Jouet avec la mairie de Voiron a fait l’objet d’une réunion d’information réservée aux riverains mi-juillet, et d’une réunion exceptionnelle de la commission ad hoc fin septembre.
Dans son édition datée du 25 octobre, Le Dauphiné Libéré expose la situation actuelle d’un dossier chiffré à 15 millions d’euros (siège de l’entreprise + parking-silo).
Philippe Gueydon, patron de King Jouet et de Fijace (maître d’ouvrage), y évoque notamment, dans le cadre de la réunion de la commission Travaux durant laquelle il a présenté sa vision en mairie, « une forme d’assentiment des élus, de la majorité et des minorités municipales » ; des questions, des échanges, « mais rien de bloquant ».
L’encadré juste en dessous, consacré précisément aux réactions des élus d’opposition, le contredit : pour Anne Favier (Voiron Citoyenne), la création d’un nouveau parking est « inacceptable », trop de questions demeurent sans réponse, et l’élue rappelle le problème de la procédure au pénal entourant l’ancienne halle Sernam, qui vaut à Bruno Gattaz, adjoint à l’urbanisme à l’époque des faits et actuellement adjoint à la santé, de passer devant le tribunal correctionnel de Grenoble.
Pour Johanne Vial (Horizons Voironnais), c’est même très clair : son groupe votera contre le double projet de King Jouet. Et l’élue de dénoncer au passage le fait qu’« une nouvelle fois, les habitants et nous sommes mis devant le fait accompli. Il n’y a pas eu de concertation, comme pour le Mail et le parking-silo derrière le Grand Angle. Ce côté paternaliste me gêne. »
J’ai envoyé par e-mail une demande d’interview à Philippe Gueydon ; il n’a pas donné suite. C’est dommage, nous aurions pu discuter de cette forme d’opacité et de ses raisons, des autres sites qu’il a envisagés pour implanter le nouveau siège de son entreprise…
330.000 euros pour ne pas construire le parking-silo
Lors du conseil municipal du 30 octobre, il sera donc proposé aux élus de voter la vente du lot A (2.429 m², côté gare, correspondant au futur siège de King Jouet), au prix de 566.000 euros hors taxe, et celle du lot B (4.357 m², côté Mille-Pas, l’emplacement du parking-silo), pour 741.000 euros hors taxe. Soit un total de 1.307.000 euros HT. Rappelons que le tènement avait été acquis en deux fois (en 2015 et 2019) par la Ville de Voiron pour 820.000 euros HT au total.
Il faut toutefois déduire de ce prix de vente, si l’on en croit le résumé des délibérations, « les charges de dépollution des sols nécessaires à la réalisation du projet », qui « seront à la charge du vendeur à hauteur maximale de 75.000 € HT pour le lot A ». Sur le lot B, ce montant atteint 100.000 € HT.
On obtient dès lors, dans le cas où ces travaux atteignaient leur coût maximal, un prix de vente post-dépollution de 1.132.000 euros HT, ce qui représente une plus-value de 312.000 euros.
La mairie envisage néanmoins, dans la même délibération, le fait que King Jouet renonce à construire le parking-silo : « Dans l’hypothèse où l’acquéreur devrait renoncer à la construction de l’objet détaillé dans la présente délibération, la vente ne sera pas régularisée et une indemnité d’immobilisation devra être versée à la Ville à hauteur de 330.000 € TTC. »
Aussi à l’ordre du jour : un « couac » de la mairie dans la ZAC Rossignol
Le conseil municipal du 30 octobre promet donc d’être intéressant. Je vous encourage toutes et tous à y assister.
D’autant que d’autres sujets (plus ou moins) importants y seront abordés, parmi lesquels :
le retour de la compétence « crématorium » dans le giron de la Ville de Voiron,
un certain nombre de décisions modificatrices aux budgets,
une garantie d’emprunt de 1,56 million d’euros accordée à la SDH dans le cadre de la construction du projet immobilier Strato dans la ZAC Rossignol-République,
le remplacement de Martine Chasson par Brigitte Paris au conseil d’administration du CCAS,
la liste des 12 repos dominicaux suspendus en 2025,
la décision de reverser la moitié du produit des « forfaits post-stationnement » à la commune (plutôt que la totalité à la communauté de communes du Pays voironnais) « pour permettre à la Ville de Voiron de financer des opérations de voirie ».
Dernier point à l’ordre du jour : l’acquisition d’une parcelle de 373 m² pour 18.650 euros, en lien avec la résidence Les Terrasses d’Azur dans la ZAC Rossignol-République.
Le permis de construire accordé à la société Plurimmo/SCI Résidence comprenait 86 logements dans deux bâtiments, 19 places de parking en surface et 68 garages en sous-sol.
Or, peut-on lire dans le résumé des délibérations, « les 19 places de stationnement en surface prévues n’ont pas été réalisées par le promoteur, et la Ville a délivré à tort une attestation de non-contestation de la conformité en date du 27 janvier 2016 ». Problème : le promoteur « a proposé a posteriori aux copropriétaires » d’aménager ces places « à des conditions économiques qui ne sont pas acceptables ». C’est pourquoi la Ville se charge d’acquérir l’une des deux parcelles en question à la CA du Pays voironnais – l’autre lui appartient déjà – pour construire elle-même le parking en surface, et revendre ces places aux copropriétaires « à prix coûtant ».
Pour 200.000 euros de caméras de vidéosurveillance en plus
On pointera également la demande d’une aide régionale pour continuer l’installation de caméras de vidéosurveillance à Voiron. « L’objectif est de prévenir les atteintes contre les personnes et les biens, de réprimer les actes de délinquance et de poursuivre les auteurs de ces infractions », précise l’exécutif dans son résumé des projets de délibérations.
Aucune efficacité n’a été prouvée en termes de prévention, comme l’ont encore récemment montré les 23 voitures incendiées en une nuit à Voiron.
Pas moins de 16 sites sont envisagés pour installer de nouvelles caméras à Voiron d’ici à la fin de l’année : trois avenue Kennedy, une avenue de Paviot, une route des Gorges, une rue Genevoise, une place de l’Europe, etc.
Coût total prévisionnel : 200.000 euros HT. La Région Auvergne-Rhône-Alpes intervient à hauteur de 50% dans ce genre d’opération, avec un plafond de 100.000 euros. La mairie compte naturellement lui demander cette aide. Ce qui laisse malgré tout, si la Ville obtient le maximum demandé, 100.000 euros à financer sur ses deniers propres.
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