Ce mercredi est date de conseil municipal à Voiron (à 18 h, soyez-y !). Quelque 17 délibérations en composent l’ordre du jour, précédées par le vote des deux précédents procès-verbaux de séance. L’opposition a, sur ce dernier point, obtenu quelques avancées… et essuyé des refus plutôt significatifs.
Premier point à l’ordre du jour : l’approbation des procès-verbaux du précédent conseil municipal (CM) ainsi que de celui du 30 octobre. Rappelons-le, un débat avait entouré le PV d’octobre au dernier CM : l’opposition dénonçait le fait qu’aucune des modifications qu’elle avait demandées n’avait été intégrée dans le PV soumis au vote. Et effectivement, lire le PV en question tout en réécoutant les débats permettait de constater le gouffre entre le résumé et la réalité des propos – j’en parlais dans cet article.
À ce titre, soulignons que les fichiers audio des conseils d’octobre et décembre 2024 viennent (enfin) d’être mis en ligne (ici et ici). Bon, ils n’auront finalement pas été découpés par délibération, ce qui était pourtant la pratique jusqu’à présent – difficile, dès lors, de comprendre pourquoi la mise en ligne a pris tant de temps.
Cette phrase que vous ne lirez pas dans le PV : « Le maire avoue donc ce soir que ces études n’existent pas »
À lire le PV du CM d’octobre sur lequel les élus seront appelés à délibérer ce mercredi soir, on constate que la majorité municipale a accepté un certain nombre de modifications proposées par Voiron citoyenne. Pas toutes, et les choix opérés sont assez révélateurs.
Par exemple, dans le premier projet de PV (daté de décembre), on pouvait lire ceci :
« Les élus n’ont pas besoin de cabinet extérieur pour déterminer la stratégie en matière de stationnement. Celle-ci a été présentée lors de la campagne municipale et les voironnais (sic) l’ont validée en 2014 et en 2020. En outre, le gestionnaire des parkings est en capacité de donner des statistiques fines sur la fréquentation. »
Cela devient, dans le projet de PV transmis en janvier :
« Les études demandées sur le stationnement n’existent pas car les élus n’ont pas besoin de s’appuyer systématiquement sur des bureaux d’études extérieurs qui ne connaissent pas le territoire pour déterminer la stratégie en matière de stationnement. Celle-ci a été présentée lors de la campagne municipale et les voironnais (sic) l’ont validée en 2014 et en 2020. En outre, le gestionnaire des parkings est en capacité de donner des statistiques fines sur la fréquentation. »
Cela intègre partiellement les remarques de Voiron citoyenne, qui aurait souhaité voir repris ce passage :
« Les élus n’ont pas besoin de bureaux d’études extérieurs pour déterminer la stratégie en matière de stationnement. Celle-ci a été présentée lors de la campagne municipale et les voironnais (sic) l’ont validée en 2014 et en 2020. En outre, le gestionnaire des parkings est en capacité de donner des statistiques fines sur la fréquentation. Les études demandées depuis le début de la révision du PLU n’existent pas. »
On voit que l’exécutif municipal, s’il intègre bien la phrase de Voiron citoyenne sur l’inexistence des études préliminaires, la recontextualise dans le cadre plus général de l’argument « ici, on sait mieux ce qui est bon pour nous », tout en faisant disparaître la mention de la révision du PLU, un dossier dans lequel ces études avaient été mentionnées pour appuyer le projet de construire trois parkings-silos dans le centre-ville.
Or, supprimer ce contexte du PLU change évidemment le sens de la phrase. Ce ne sont plus des études mentionnées par l’exécutif pour appuyer ses décisions, à ce titre mentionnées dans les documents remis au commissaire-enquêteur, et dont la transmission a été promise à plusieurs reprises aux élus d’opposition. Cela devient des études « demandées » par l’opposition, sans que l’on sache dans quel cadre elles ont été « demandées ».
Pour le paragraphe consacré à l’intervention de Mélodie Mistré (Voiron citoyenne), les corrections apportées par la liste d’opposition ont été intégrées, à l’exception des deux phrases qu’elle souhaitait ajouter à la fin. Voici les deux phrases en question, qui manquent donc au projet final :
« Or, le maire reconnaît que cette réflexion [sur le futur parking, sa gestion, sa possible rétrocession, etc.] n’a pas été faite à ce stade.
D’autre part, la politique de mobilité avancée par King Jouet est d’inviter les salariés à venir en train, diminuant la nécessité de ce parking. »
Enfin, et plus intéressant encore, un passage (que j’avais mis en exergue dans un précédent article) concerne la dernière intervention de l’opposition mentionnée dans le résumé des débats. Dans le projet de PV soumis en décembre, cela donnait ceci :
« M. Mistré rappelle que le PLU faisait mention d’études qui démontraient un fort besoin en parkings. »
Dans le projet soumis ce soir, ce passage devient :
« M. Mistré rappelle que lors de la révision du PLU, la majorité, qui envisageait la construction de 3 parkings-silo, a justifié ses choix en mentionnant des études qui démontraient un fort besoin en parkings en centre-ville. Malgré les demandes répétées, les études n’ont pas été mises à connaissance ; même pour le commissaire enquêteur. »
Plutôt honnête, a priori. Malheureusement, il manque la dernière phrase demandée par Voiron citoyenne, et non des moindres :
« Le maire avoue donc ce soir que ces études n’existent pas. »
Les écoles Jules-Ravat et Pierre-et-Marie-Curie fusionnées
Parmi les autres délibérations à l’ordre du jour ce mercredi, on peut pointer la fusion administrative des écoles maternelle Jules-Ravat et élémentaire Pierre-et-Marie-Curie à la rentrée de septembre 2025, pour donner naissance à ce qui devrait s’appeler « École primaire Pierre-et-Marie-Curie » – avec, apparemment, disparition de la dimension « maternelle » dans le nom de l’établissement.
À la suite du départ en retraite de la directrice de l’école maternelle, la Ville dit avoir été « sollicitée par l’Éducation nationale afin de fusionner l’école maternelle Jules-Ravat (4 classes maternelles) et l’école élémentaire Pierre-et-Marie-Curie (9 classes élémentaires) », peut-on lire dans le document « projets de délibérations », plus détaillé que l’ordre du jour fourni au grand public.
Ce projet, selon l’exécutif, « apporterait une continuité pédagogique depuis la petite section jusqu’au CM2 » ainsi qu’« une simplification administrative, avec une seule direction et donc un seul interlocuteur ».
Un dossier qui s’ajoute au déménagement de la maternelle de Jules-Ferry dans le bâtiment principal, et à la délibération du 10 décembre dernier pour donner au maire de Voiron le pouvoir de réorienter des élèves vers un autre établissement scolaire que celui défini par les périmètres scolaires
Toujours plus de caméras dans les rues… avec un coût qui flambe ?
Les délibérations 10 et 11 sont toutes deux consacrées au dossier de la vidéosurveillance à Voiron. La commune souhaite d’abord signer une convention avec Pluralis, propriétaire de deux immeubles place de l’Europe et rue Genevoise, afin de pouvoir installer des caméras sur leurs façades (une caméra-dôme place de l’Europe, deux caméras fixes rue Genevoise).
Plus largement, la Ville de Voiron veut lancer sa 9e phase de déploiement de caméras de vidéosurveillance. « L’objectif est de prévenir les atteintes contre les personnes et les biens, de réprimer les actes de délinquance et de poursuivre les auteurs de ces infractions », écrit-elle dans ses « projets de délibérations ».
Elle prévoit ainsi l’installation de huit caméras supplémentaires, « placées de manière à répondre à un besoin de protection de l’espace public manquant aujourd’hui, en cohérence et dans la continuité des phases de déploiement déjà opérées sur la ville les années précédentes ».
Ces caméras seront interconnectées au réseau de fibre optique communal « afin de permettre l’exploitation des images dans les lieux de visionnage (police municipale et police nationale) ».
Montant prévisionnel de l’opération : 158 985 euros HT.
En octobre dernier, le conseil municipal avait délibéré sur le « déploiement de la phase 2024 du dispositif de vidéoprotection », qui comprenait 16 caméras, dont les deux précitées. Voici la liste des emplacements alors proposés :
- Caméra P8 : avenue John-Kennedy
- Caméra P 9 : avenue John-Kennedy
- Caméra P 11 : carrefour rue de la Brunetière / rue Saint-Olive
- Caméra P 12 : carrefour boulevard de Campaloud / impasse des Hortensias
- Caméra P 14 : avenue de Paviot – parking
- Caméra P 15 : route des Gorges
- Caméra P 16 : carrefour rue de l’Industrie / rue Alphonse-Allaman
- Caméra P 17 : avenue John-Kennedy – débouché passerelle piétonne
- Caméra P 18 : carrefour rues Ferronnière / de Criel / du Haut-Criel
- Caméra P 19 : rond-point D 1076 / rue des Essarts / route des Bois (échangeur autoroute Champfeuillet)
- Caméra P 20 : rond-point D 1076 / avenue de la Croix-Morin / avenue de Saint-Cassien
- Caméra P 21 : rond-point D 1076 / D 520 / boulevard de Charavines
- Caméra P 22 : rue Genevoise
- Caméra P 23 : place de l’Europe
- Caméra P 24 : avenue Georges-Frier / place de-Lattre-de-Tassigny
- Caméra P 25 : carrefour avenue Jean-Jaurès / rue Claude-Guillermoz / rue Lakanal
On ignore si les huit caméras qui seront évoquées ce soir sont toutes comprises dans cette précédente liste. On remarque en revanche que le budget prévisionnel passe de 200.000 euros HT à 159.000 euros HT pour deux fois moins de caméras. Soit 19.875 euros par caméra plutôt que 12.500 euros. Peut-être aura-t-on des précisions sur ce point ce soir en conseil municipal.
La formulation du mode de calcul de l’aide à l’investissement fournie par la Région Auvergne-Rhône-Alpes en matière de vidéosurveillance, tel que repris dans les documents précédant le conseil municipal, a lui aussi quelque peu changé entre octobre et janvier.
Voici trois mois, la Région couvrait ainsi « 50 % des dépenses subventionnables dans une limite de 100.000 euros par an ». En ce début de 2025, elle intervient « à hauteur de 50 % du montant des dépenses, plafonné à 15.000 euros par caméra ». En réalité, il s’agit du même calcul : les deux critères se cumulent pour les caméras de vidéosurveillance, soit 50 % du montant des dépenses, avec un plafond de 15.000 euros par caméra et un plafond général de 100.000 euros par an. Pour les « bornes ou autre système ancré au sol et travaux afférents à leur mise en place aux abords des lycées et/ou des écoles maternelles et élémentaires », l’une aide régionale est de 1.500 euros par borne, indique la Région sur son site internet.
Quant à savoir si un tel dispositif parvient réellement à « prévenir les atteintes contre les personnes et les biens », il est difficile de le dire précisément. Aucune étude ne semble le prouver avec certitude.
Lors du débat entourant la délibération d’octobre dernier, Julien Polat avait justement répondu à une question de Johanne Vial (élue d’opposition, Horizons voironnais) sur la dimension « prévention » :
« Mesurer la valeur d’un engagement en matière de prévention, c’est difficile, au même titre que c’est difficile de quantifier le bénéfice d’une activité, d’un groupe de médiateurs sur la commune. Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte, c’est difficile d’objectiver les choses.
Si la question, c’est de savoir : “Est-ce que la vidéoprotection est utile ou est-ce qu’elle ne l’est pas ?”, j’ai même de la peine à imaginer que, par les temps qui courent, cette question soit encore valable, tant cet outil a démontré son utilité à de multiples occasions et même incidemment parfois dans des actes graves, des affaires criminelles dont on entend des échos nationaux, voire des affaires terroristes qui ne nous ont jusqu’à présent par bonheur pas trop concernés, mais dont on n’est par définition pas à l’abri non plus. »
Nicolas Julliard, adjoint chargé de la sécurité et de la santé, avait juste avant précisé les modalités de l’emplacement choisi pour les 16 nouvelles caméras :
« Le choix de l’implantation des caméras est un travail qui est fait en coordination avec nos policiers municipaux et nationaux et la Serfim qui est notre prestataire pour la pose des caméras. C’est un travail qui est fait en réponse effectivement à des faits, mais également à une stratégie pour s’assurer des points qui peuvent être sensibles dans le déplacement des véhicules notamment. Voilà comment est choisie l’implantation de chacune de ces caméras. Il y a une longue concertation qui est faite préalablement. Aujourd’hui, on a environ une centaine de caméras. »
En revanche, et dans la foulée des Jeux olympiques – avec des évolutions en la matière jugées plus que problématiques par la Quadrature du Net, entre autres –, le maire n’exclut pas d’aller beaucoup plus loin dans la technologie de reconnaissance liée aux caméras de vidéosurveillance :
« Ce qui serait utile, et ça, je pense que technologiquement, c’est même possible, c’est qu’on ait des algorithmes à l’appui d’une certaine intelligence artificielle qui soient en capacité d’avoir des analyses de situation et, à l’appui de la puissance de l’outil de calcul, d’être en capacité d’identifier des choses comme ça [Johanne Vial évoquait des chutes de personnes en situation de mobilité réduite, par exemple]. Sauf que, pour l’essentiel, aujourd’hui en France, c’est globalement interdit. Donc, voilà, ça me paraît compliqué à mettre en œuvre pour des raisons réglementaires à ce stade.
La doctrine évoluera peut-être. Elle a déjà évolué partiellement depuis les Jeux olympiques. On est d’ailleurs en train de suivre ça pour savoir si on ne pourrait pas adosser de nouveaux logiciels autorisés à l’appui de notre système de vidéoprotection. Il faut qu’on regarde ce qu’on est en capacité réglementaire de faire. »











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