Contournement ouest : nouvelle mobilisation devant le Pays voironnais

SUR LE VIF | Une mobilisation est prévue ce mardi à 18h30 devant le siège du Pays voironnais. Les raisons de la colère : le contournement ouest de Voiron, autrement dit le Barreau. Un dossier à 25 millions d’euros de budget prévu.

Le 28 février 203 déjà, ils manifestaient leur refus de la fin du contournement ouest de Voiron, c’est-à-dire la liaison entre le rond-point Champfeuillet (et son accès à l’A48) et la RD592 à Moirans. Rassemblés devant le siège de la Communauté d’agglomération du Pays voironnais, ces citoyens avaient confié à l’intercommunalité une pétition ayant recueilli 1.230 signatures.

Selon l’association Laisse Béton du Voironnais, comme cette pétition respectait la règle édictée dans la « charte de participation citoyenne » de la CAPV (plus de 1% des habitants du territoire doivent avoir signé, dont moins de 25% de résidents d’une même commune), celle-ci aurait dû mettre ce projet au débat du conseil communautaire et déclencher un processus de concertation avec les associations citoyennes concernées. « Contre toute attente, la CAPV a renié ses principes et refusé sans réelle justification de valider cette pétition », dénonce l’association dans un communiqué daté de ce mardi 25 mars 2025.

La page du site internet du Pays voironnais qui propose la charte au téléchargement ne renvoyait, au moment de boucler ces lignes, qu’une « erreur 404 ». Symbolique, quand tu nous tiens…

En mars 2024, l’association avait à nouveau rassemblé les opposants au projet devant le Pays voironnais. Et en 2025, pour le 2e anniversaire du dépôt de la pétition, elle remet donc le couvert en marge du conseil communautaire, ce 25 mars.

25 millions d’euros… pour combien de temps ?

Dans son communiqué, Laisse Béton du Voironnais pointe d’abord le coût du projet : 25 millions d’euros pour un tracé de moins de 1,5 kilomètre. Plus encore, « c’est le coût annoncé depuis de nombreuses années, qui ne comprend pas l’échangeur du bas du Barreau/RD592 sur la commune de Moirans, ni le rachat des parcelles encore privées ». Sans oublier l’échangeur RD592/RD1085, « pour quels coûts supplémentaires ? »

L’association établit ici un parallèle avec un projet proche de Voiron, celui du Rondeau à Grenoble : « À titre de comparaison, le Rondeau a été budgété à 80 millions d’euros il y a quatre ans, il est maintenant estimé à 153 millions d’euros, soit quasi le double. La préfecture explique cela par l’augmentation des matières premières, conséquence du contexte international. En serait-il autrement pour le Barreau ? »

Une question de mobilités et de santé

Parmi ses autres arguments en défaveur du projet du Barreau, l’asso Laisse Béton du Voironnais revient sur l’évolution des mobilités, avec la montée en puissance de l’autopartage et du covoiturage, des transports en commun, du télétravail, mais aussi le vieillissement de la population (ce qui implique moins de déplacements domicile-lieu de travail), et un schéma cycles qui « se développe enfin, tronçons Voreppe / Centr’Alp, consignes sécurisées dans les pôles d’échanges multimodaux (PEM), service Mvélo+, etc. »

Bref, il convient, selon elle, d’utiliser « le budget de notre intercommunalité pour accompagner la transition inexorable des modes de déplacement, ainsi que la desserte et la fréquence des transports en commun, fortement voulues par les habitants et les collectivités, dont le Pays voironnais lui-même ».

Par ailleurs, expose-t-elle, « la Région investit », avec « 5,7 milliards prévus » pour le TER, dans le but d’« augmenter l’offre de TER de 30% », ainsi que « sur le développement de six services express régionaux métropolitains (Serm), celui de Grenoble étant le plus avancé ».

Elle souligne l’enjeu sanitaire, enfin : « Le trafic routier est à l’origine entre autres d’émissions de particules et de la majorité des émissions d’oxydes d’azote. L’exposition sur le long terme à la pollution atmosphérique est aussi à l’origine de maladies chroniques, notamment respiratoires, cardiovasculaires ou métaboliques, à la fois chez l’adulte et chez l’enfant : asthme, pneumopathies et infections aiguës des voies respiratoires inférieures – grippe exclue (ALRI), cancer du poumon, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), accident vasculaire cérébral (AVC), infarctus aigu du myocarde (IAM), hypertension artérielle (HTA), diabète de type 2. »

En Auvergne-Rhône-Alpes, conclut-elle, si les niveaux de pollution de l’air ambiant baissaient dans toutes les communes de la région pour atteindre les niveaux des valeurs guides de l’OMS, « entre 360 et 3.600 nouveaux cas de maladies respiratoires chez l’enfant et entre 350 et 6.600 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou métaboliques chez l’adulte pourraient être évités en moyenne chaque année, selon la maladie et le polluant étudié (PM2,5 ou NO2) ».


Concertation pour le Barreau : l’instant CADA

Une concertation a été menée du 13 novembre au 11 décembre 2023 autour du projet de contournement ouest de Voiron. Problème : si l’on dispose bien du bilan de cette concertation, le Conseil départemental de l’Isère n’a pas publié le corpus des contributions. Difficile, dans ces conditions, de se faire une idée précise de leur contenu.

C’est pourquoi, le 5 août 2024, j’ai écrit au Département pour avoir copie de l’ensemble des contributions introduites. Sans réponse malgré mes relances, j’ai saisi la CADA, la Commission d’accès aux documents administratifs, le silence de l’administration valant refus implicite.

Le 12 décembre, la CADA a émis un avis favorable à l’égard de ma demande. Le temps de recevoir cet avis, j’ai relancé le Département le 11 mars.

En cas de silence confirmé de celui-ci, je devrai me tourner vers le tribunal administratif, comme je l’ai déjà fait dans le cadre des études liées à la construction de parkings-silos à Voiron et des études de pollution dans la ZAC Rossignol-République. Pour en savoir plus sur ces démarches, vous pouvez consulter notre baromètre de la transparence administrative.

Vincent Degrez

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