À Voiron, le conseil municipal de ce 26 mars sera largement consacré au vote du budget primitif pour l’année 2025. Où l’on apprend que le square Brameret va être clôturé, que les licences de logiciels flambent (tout comme les dépenses d’investissement), et que la Ville va acquérir une emprise sur une parcelle du Pays voironnais, « nécessaire à la construction du parking-silo du Grand Angle ».
Les débats de ce mercredi soir tourneront largement autour du budget primitif, autrement dit le budget voté en début d’exercice. Un budget appelé à évoluer en cours d’année, par vote de décisions modificatives ou celui du budget dit « supplémentaire ».
La présentation en conseil municipal est généralement assez aride. Beaucoup de chiffres, de tableaux, de sigles et d’acronymes… Voici ce que j’ai pu relever des documents préparatoires au conseil, histoire de se préparer un peu. Et de guetter des explications sur les points non évoqués dans ces documents fournis aux conseillers municipaux. C’est évidemment très parcellaire.
Des délibérations concerneront également les subventions aux associations et les taux d’imposition 2025, sur lesquels je reviendrai sans doute dans des articles spécifiques.

Recettes de facturation : 173.000 euros en plus en 2005, dont plus de la moitié par le pôle juridique
Le tableau ci-dessous reprend les principales directions qui enregistrent des recettes de facturation et leurs évolutions sont les suivantes – les directions mentionnées représente 95% des produits de facturation, précise la mairie :

La Ville livre quelques détails sur certaines des évolutions que l’on peut observer ici :
- La hausse des recettes de la cuisine centrale s’explique par « l’augmentation de la production sur l’ensemble des postes clients », qui contribue également à la hausse sur le pôle scolaire (recettes de restauration scolaire).
- La hausse des participations des familles dans le secteur jeunesse, « notamment s’agissant des mercredis et des vacances scolaires ».
- La hausse des loyers perçus sur le patrimoine privé de la ville, « avec entre autres la mise en location de la maison médicale (72.000 euros) ».
- L’intégration dès le budget primitif de la refacturation au titre de la gestion des eaux pluviales urbaines (GEPU) de la part de la Communauté d’agglomération du Pays voironnais (68.000 euros), « compensée en partie par un ajustement des droits de voirie en anticipation des travaux du Mail ».
Pas d’information en revanche sur l’augmentation prévue des recettes du département juridique (+14,3% tout de même).
Dépenses de fonctionnement : flambée des licences logiciels
Les deux tableaux ci-dessous reprennent le poids des dépenses de fonctionnement dans le budget total. On y voit entre autres que la subvention servant à renflouer le budget « stationnement » baissera légèrement cette année (204.000 euros au lieu de 217.326 euros en 2024), tout en restant supérieure à ce qu’elle a été en 2023 (194.429 euros).


Et afin d’avoir un point de comparaison, voici le même tableau tiré des documents préparatoires de l’année dernière :

L’une des évolutions les plus notables, en matière de dépenses de fonctionnement, concerne le poste « licences logiciels », passé de 243.854 euros dans le budget primitif 2023 à 357.255 euros dans le BP 2025. Soit une flambée de 46,5%. Dans le document fourni par la Ville, on peut lire ceci sur ce point :
« Le BP 2025 prévoit également une actualisation des droits d’utilisation informatiques (licences et hébergement) représentant un surcoût de 113.000 euros, incluant des dépenses nouvelles telles que l’abonnement pour le callbot/chatbot (20.000 euros), un outil de gestion RH (10.000 euros), un outil de dématérialisation des actes administratifs et des paies (8.000 euros), mais aussi des dépenses récurrentes pluriannuelles (Sogelink 10.000 euros, Autocad 1.700 euros, etc).
En outre, certains contrats de licence sont également en hausse (Microsoft, Delta conso, Ciril, Synbird, etc.). À noter que certaines dépenses informatiques sont dorénavant directement payées sur le budget de la Ville et seront donc déduites de la refacturation des services communs par la CAPV, telles que la licence Citrix, pour 15.500 euros. »
Le fameux bot IA censé répondre aux Voironnais (en ligne ou au téléphone) en lieu et place d’un être humain devrait donc coûter 20.000 euros cette année. Il faudrait également voir si le passage du logiciel libre vers la suite bureautique de Microsoft, votée en janvier 2022, a pu contribuer à l’évolution de cette catégorie de dépenses.
Investissements en 2025 : le square Brameret en cage pour 111.000 euros
Le budget primitif 2025 comporte un certain nombre d’opérations d’investissement, parmi lesquelles :
- Travaux d’étanchéité de la toiture et les menuiseries de la maternelle de Criel : 165.000 euros.
- Suite des travaux de consolidation de la structure du multi-accueil du Parc : 100.000 euros.
- Travaux de la rue Victor-Hugo : 145.000 euros.
- Climatisation/chauffage de l’espace CEVE : 100.000 euros.
- Tour Barral et coteaux : 150.000 euros.
- Clôture autour du square Brameret : 111.000 euros.
- Fin de l’opération « Mille arbres » : 200.000 euros.
- Déploiement de caméras de vidéosurveillance : 200.000 euros.
On remarquera ici le projet, non encore évoqué publiquement me semble-t-il, de « fermer » le square Brameret au moyen d’une clôture. D’après ce qu’une élue avait indiqué en conseil de quartier, cette décision s’explique par les incivilités récurrentes sur ce square, avec des bouteilles en verre abandonnées durant la nuit, ce qui crée d’évidents problèmes pour les enfants usagers du square. Le square sera donc clôturé et fermé la nuit. On en connaît le coût prévisionnel : 111.000 euros.
On passera sur les opérations d’installation de caméras de vidéosurveillance, pour un montant, là aussi récurrent année après année, de quelque 200.000 euros… pour des bénéfices loin d’être évidents.
La Ville de Voiron ajoute : « On enregistre également des investissements inférieurs à 100.000 euros € pour un total d’environ 2,29 millions d’euros, représentant de l’entretien courant (voirie, bâtiments), des acquisitions de petits matériels, de petites rénovations, du renouvellement de matériels et de mobiliers etc. »
Au-delà de ces investissements « nouveaux », le budget primitif 2025 comprend sept AP/CP[1] préexistantes :
- Maison de santé pluridisciplinaire.
- Réaménagement des rues des Écrins et du Cervin.
- Aménagement du site de l’ancien hôpital.
- Smart city.
- Requalification du Mail et du parvis de l’hôtel de ville.
- Regroupement de l’école Jules-Ferry.
- Espace vie sociale/crèche Baltiss.
En voici les montants prévus :

Financement des investissements : +60% de dépenses brutes d’investissement en 2025
Au-delà des subventions obtenues par la commune, le financement de ces investissements est assuré par des recettes propres à la section d’investissement : fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA), cessions de patrimoines, subventions, taxes d’aménagement.
La FCTVA est un prélèvement sur les recettes de l’État qui constitue la principale aide de l’État aux collectivités territoriales en matière d’investissement.

La Ville insiste au passage sur la « forte hausse des dépenses brutes d’investissement, qui passent de 8,1 millions d’euros en 2024 à 13 millions d’euros en 2025, soit + 4,9 millions d’euros ». Ou, plus parlant encore, une hausse de plus de 60%.
L’exécutif pointe néanmoins une hausse du volume des dépenses subventionnées : 4,48 millions d’euros, contre 2,69 millions d’euros en 2024, soit une hausse de 66,5%. « Le taux de subvention des dépenses d’investissement reste ainsi très important », écrit la Ville. « En effet, pour chaque centaine d’euros investis par la ville, environ 35 euros proviennent des partenaires (État, Région, Département, etc.). »
Le recours à l’emprunt augmente lui aussi par rapport au budget primitif 2024. « L’emprunt d’équilibre s’élèverait à environ 5,43 millions d’euros, contre 2,24 millions d’euros prévus en 2024 mais non réalisés, et financerait les investissements à hauteur de 41,8%. En parallèle, la Ville remboursera 1,36 million d’euros d’emprunt en 2025. »
Foncier : achat d’une emprise pour le parking-silo du Grand Angle
J’évoquerai un dernier point ne relevant pas du budget proprement dit, mais lié malgré tout aux finances de la Ville, puisqu’il s’agit de l’achat d’une emprise sur une parcelle appartenant au Pays voironnais, dans le cadre de la construction du parking-silo du Grand Angle. Il s’agit de la dernière délibération de ce mercredi soir.
La Ville souhaite ainsi acquérir auprès de la communauté d’agglomération « une emprise de 1.173 m² à prendre sur la parcelle AV 206 au prix de 80 euros/m² ». Soit un total de 93.840 euros. L’emprise en question correspond à près de 30% de la superficie totale de la parcelle.

Vincent Degrez
[1] L’AP/CP est une technique permettant la mise en œuvre de projets d’investissement pluriannuels menés par une collectivité.
Une autorisation de programme (AP) désigne une enveloppe budgétaire, votée par les élus en année N et consacrée à un projet d’investissement spécifique. Elle sera dépensée par le biais de crédits de paiement (CP).
Les crédits de paiement (CP) constituent la limite supérieure des dépenses pouvant être mandatées pendant l’année pour couvrir les engagements contractés dans le cadre des AP correspondantes. (Source : Manty.eu)











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