Le remplacement de la clôture du square Brameret, en vue d’une fermeture complète le soir et la nuit, a été présenté aux entreprises potentiellement intéressées. Des visites sur place avec celles-ci sont même programmées durant les vacances, le jeudi 24 avril et le mardi 29 avril à 11 heures. Tous les riverains du square ne voient toutefois pas ces travaux d’un bon œil. Le dossier semble confirmer l’efficacité toute relative de la vidéosurveillance, pourtant très en vogue à Voiron.
J’en avais parlé le 26 mars en marge du conseil municipal : l’exécutif voironnais a prévu de fermer le square Brameret par une nouvelle clôture afin d’en interdire l’accès le soir et la nuit. Les horaires d’ouverture devraient être les mêmes que ceux du jardin de ville et du parc du Moulinet : de 7 h 30 à 19 h (du 1er octobre au 31 mars) ou 21 h (du 1er avril au 30 septembre). Un gros changement pour les habitués du square, surtout l’été.

Coût prévisionnel discuté en conseil municipal : 111.000 euros.
On en sait un peu plus, désormais. Notamment sur le calendrier.
Les offres en réponse au marché public doivent être envoyées le 16 mai à 12 h au plus tard à la mairie.
Le dossier sera conclu pour une durée de huit semaines (hors période de préparation, qui sera de cinq semaines), qui commencera à courir à partir de la notification.
Soit un total de 13 semaines. A minima jusqu’au 15 août.
La visite du site est obligatoire pour toute entreprise candidate au marché public. Deux visites sont prévues pour les entreprises intéressées : le jeudi 24 avril et le mardi 29 avril à 11 heures.



261 mètres de barreaudage vert de 1,2 à 2 mètres de hauteur
Les travaux portent sur « la fourniture et la pose d’une clôture en périphérie du square Brameret, ainsi que de portails et portillons », indique la Ville dans ses documents préparatoires. « Cette clôture a pour objectif de protéger le site contre tout franchissement. »
La Ville livre quelques détails supplémentaires sur ses attentes.
La clôture devra comprendre 261 mètres linéaires de barreaudage (« type Bambou de chez CreaZen, Normaclo, ou techniquement équivalent », d’une hauteur de 1,2 à 2 mètres selon l’endroit, et de couleur verte.

La Ville attend également un portail coulissant autoportant offrant une largeur de passage de 3 mètres, avec une hauteur de 1,8 mètre et un barreaudage identique à la clôture (mais de couleur beige clair cette fois). Il s’agira d’un portail non motorisé, doté d’une serrure à clé.
Un autre portail à deux vantaux totalisera 3 mètres de largeur (même hauteur, même barreaudage, même couleur que le coulissant, même type de serrure). Sans oublier des portillons à vantail unique ouvrant un passage de 1,6 à 1,9 mètre de largeur.
Les quatre portillons d’accès au square doivent être motorisés.
« On reçoit des signalements, des plaintes »
La fermeture vespérale et nocturne du square Brameret a été discutée lors du conseil municipal du 26 mars (à réécouter ici), à la suite d’une question de Mélodie Mistré (élue d’opposition, liste Voiron citoyenne) : « Cette fermeture, est-ce quelque chose qui est en réflexion, est-ce que c’est déjà entériné ? Ça nous semblerait vraiment dommage, parce que le square est un lieu de respiration et de rencontre dans une zone de la ville qui est quand même assez dense. Et il offre un grand confort les journées estivales, mais aussi les soirs d’été pour se rafraîchir. C’est quand même un bel atout pour lutter contre la chaleur pour les gens qui habitent en appartement autour. »
En réponse, Julien Polat, maire de Voiron, explique sa décision par les désagréments subis par certains riverains du square :
« Quand vous dites “le square Brameret, c’est une respiration pour les habitants”, j’aimerais qu’il puisse être toujours considéré sous cet angle. La réalité, c’est qu’on reçoit quand même des signalements, des plaintes d’un certain nombre de riverains du square Brameret qui nous expliquent le calvaire qu’ils vivent quand il y a des fréquentations nocturnes complètement irrespectueuses, avec du bruit, des déchets qui restent, des dégradations, à des heures de la nuit où malheureusement ça occasionne beaucoup de perturbations. Je ne peux pas être indifférent à ces signalements, cela fait aussi partie de notre responsabilité que de gérer la tranquillité des espaces publics. »
S’il dit regretter « d’en arriver à la fermeture nocturne du square pour garantir la tranquillité du quartier, ou en tout cas pour donner des moyens de l’assurer mieux », le maire insiste sur la dimension collégiale de cette décision rendue nécessaire « au regard des dérives qu’on observe ». Et l’édile de tacler l’élue d’élue d’opposition :
« Si vous n’en êtes pas consciente, c’est soit parce que vous n’avez pas eu affaire aux habitants qui s’en plaignent, soit parce que vous n’y êtes pas directement confrontée, en fonction de l’endroit où vous habitez. »
Cet argument implique que seuls les riverains seraient justifiés à s’exprimer sur leur quartier. Si l’on suit cette logique, pourquoi ne pas avoir organisé une concertation avec les habitants proches du square Brameret ? Or, ici comme dans d’autres dossiers, point de discussion nouée avec le public pour une décision qui engage pourtant la collectivité. Et qui réduit les possibilités d’usage du square pour l’ensemble des Voironnais·es.
Par ailleurs, cela sous-entend que les désagréments subis par certains riverains – qu’il ne s’agit pas de contester – seraient partagés par l’ensemble des résidents proches. Or, j’ai été, à la suite de mon article de la fin mars, contacté par une riveraine qui ne reconnaît pas du tout son quartier dans la description faite par le maire en conseil municipal. Cela prouve une chose : tout le monde n’a pas le même ressenti négatif à l’égard du square Brameret et de son usage.
Dans ce cas, pourquoi ne pas solliciter l’avis du public avant de lancer une opération dont le coût n’est pas négligeable (111.000 euros), la nécessité peu prouvée et l’utilité discutable ? Pourquoi ne pas se concerter avec les Voironnais·es ?
« Nous avons estimé, collégialement dans l’équipe, que c’était une nécessité au regard des dérives qu’on observe », s’est contenté de dire Julien Polat lors du conseil municipal du 26 mars.
Square Brameret : on ferme ! même lorsqu’il fait encore 31 °C
Quant aux horaires d’accès, leur calage sur ceux du jardin de ville et du parc du Moulinet s’explique par le fait que « l’ouverture et la fermeture seront opérées par un agent d’astreinte qui aura à faire cette tournée », a indiqué l’édile. « Des horaires qui sont quand même assez généreusement adaptés aux saisons puisque les horaires d’été permettent évidemment une fermeture plus tardive qu’au cœur de l’hiver, par exemple. »
Généreuses, les heures d’ouverture ? En juillet et août 2024, les températures maximales ont dépassé les 36 °C. Le 29 juillet 2024, à 21 h (heure à laquelle le square fermera ses portes, donc, tout comme le jardin de ville), il faisait encore près de 31 °C. À 22 h, 28,4 °C. , À 23 h, 27,7 °C.
Et combien dans les appartements qui entourent le square Brameret ?
Brameret : l’échec d’une certain politique de la surveillance ?
Durant le même conseil municipal de mars – si vous n’assistez pas aux séances, je ne saurais trop vous engager à le faire –, Johanne Vial (élue d’opposition, liste Horizons voironnais) a rétorqué à Julien Polat :
« Pour la connaissance de ce square, monsieur le maire, j’ai habité juste en face, 24 avenue Édouard-Herriot, pendant 14 ans. Et ça a toujours été un endroit qui, quand même, amenait de la vie. Et c’est normal, c’est un square. La prévention et l’accompagnement des personnes qui n’ont pas eu les codes au préalable nous paraissent judicieux, nous y reviendrons. Ç’aurait pu être aussi une option. »
Et de souligner dans la foulée les « 200.000 euros prévus [dans le budget primitif de 2025] pour l’installation de nouvelles caméras de surveillance ». Une vidéosurveillance « dissuasive à court terme » mais qui « n’a pas nécessairement un impact significatif à long terme sur la délinquance, comme les chiffres le montrent ».
Il va sans dire que le maire de Voiron ne partage pas cet avis. Mais ce point a son importance pour le square Brameret, où deux caméras-dômes sont installées, l’une à l’angle des rues Sermorens et Charlot, l’autre au bord de l’avenue Édouard-Herriot, côté terrain de sport :

Faut-il voir, dans la fermeture du square le soir et la nuit, le signe de l’échec d’une certaine politique, celle d’une vidéosurveillance sans cesse croissante, et plus largement de la priorité accordée au répressif sur le préventif ?
L’absence de concertation dans ce dossier résonne cruellement avec ces questions. D’autant qu’aucune étude sérieuse, à ma connaissance, n’a conclu à l’efficacité de ces caméras – ce que confirment en revanche deux rapports de la Cour des comptes. Cela n’empêche pas l’exécutif municipal de multiplier chaque année les caméras, les installant parfois avant même qu’elles aient été votées en conseil municipal. Quand vous avez une passion…
Vincent Degrez











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