La préfète de l’Isère a publié plusieurs arrêtés en vue de la journée du 18 septembre. Elle renouvelle les interdictions déjà formulées pour les manifestations du 10 septembre, ainsi que les autorisations d’usage de drones et d’un hélicoptère de la gendarmerie pour filmer les actions. Mais elle donne aussi mandat à une série de gradés de la gendarmerie « pour décider, le cas échéant, en qualité d’autorité civile par délégation, de l’emploi de la force après sommation à l’occasion de tout attroupement ».
Comme pour la journée du 10 septembre, Catherine Séguin, préfète de l’Isère, a signé une série d’arrêtés pour encadrer les actions qui seront menées ce 18 septembre.
Dans son « arrêté n° 38-2025 portant diverses mesures d’interdiction du 17 septembre 2025 au 19 septembre 2025 », elle interdit ainsi, « du mercredi 17 septembre à partir de 18 h jusqu’au vendredi 19 septembre à 8 h, sur l’ensemble du département de l’Isère » :
– la vente, la cession, le transport, le port et l’utilisation de fumigènes, pétards ou feux d’artifice sur la voie publique, sauf pour les personnes majeures titulaires de l’agrément préfectoral prévu à l’article 5 du décret n°2010-580 du 31 mai 2010 ou du certificat de qualification F4 T2 niveaux 1 ou 2 ;
– le transport de combustibles corrosifs, carburants à emporter et gaz inflammables, sauf nécessité dûment justifiée par la personne et vérifiée avec le concours des services de police et de gendarmerie ;
– le port et le transport d’armes, toutes catégories confondues, de munitions et d’objets pouvant constituer une arme par destination au sens de l’article 132-75 du code pénal, sauf pour les personnes habilitées dans l’exercice de leur mission ; pour les chasseurs titulaires d’un permis de chasse validé et dont le déplacement est en lien avec les activités cynégétiques et pour les tireurs sportifs titulaires d’une licence de tir validée et dont le déplacement est en lien avec cette activité. Cette disposition s’applique également à la vente ou au transport d’armes, munitions et matériels annexes, effectués par les personnes suscitées ;
– le port et le transport par des particuliers, sans motif légitime :
– d’objets destinés à dissimuler tout ou partie du visage afin de ne pas être identifié ;
– d’équipements de protection destinés à mettre en échec tout ou partie des moyens utilisés par les représentants de la force publique pour le maintien de l’ordre, sauf pour les personnes habilitées dans l’exercice de leur mission.
« Emploi de la force après sommation »
Dans son « arrêté portant délégation d’autorité civile à un officier de police judiciaire », la préfète de l’Isère donne, pour une période courant ce jeudi 18 septembre de 4 h à 22 h, « mandat aux personnes citées dans l’article suivant, pour décider, le cas échéant, en qualité d’autorité civile par délégation, de l’emploi de la force après sommation à l’occasion de tout attroupement constaté durant la période citée dans l’article 1 ».
Suit une liste de chefs d’escadron, lieutenants-colonels, capitaines et commandants de gendarmerie de Grenoble, Bourgoin-Jallieu, La Mure, La Tour-du-Pin, Meylan, Saint-Marcellin et Vienne.
Le contexte de cet arrêté est contenu dans l’article R211-21 du code de la sécurité intérieure, qui dispose « que, dans les cas d’attroupements prévus à l’article 431-3 du code pénal, le représentant de l’État dans le département ou un autre membre du corps préfectoral ou le directeur des services du cabinet, le maire ou l’un de ses adjoints, le directeur du service territorial de police en charge de l’ordre public ou son adjoint, le commandant de groupement de gendarmerie départementale ou son commandant en second, ou, mandaté par l’autorité préfectorale, un commissaire ou un officier de police, responsable de service placé sous l’autorité du directeur du service territorial de police en charge de l’ordre public, ou un commandant de compagnie de gendarmerie départementale ou un commandant en second doivent être présents sur les lieux en vue, le cas échéant, de décider de l’emploi de la force après sommation. »
Les drones retrouvent le ciel isérois
Enfin, dans deux « arrêtés 38-2025 autorisant la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur les aéronefs », Catherine Séguin, autorise l’usage de drones pour surveiller les manifestants.
Sans le centre-ville de Grenoble, d’une part : « La captation, l’enregistrement et la transmission d’images par la direction interdépartementale de la police nationale de l’Isère est autorisée le jeudi 18 septembre 2025 de 9 h à 21 h sur le secteur géographique figurant sur le plan joint en annexe. »
Le plan en question :

« Le nombre maximal de caméras pouvant procéder simultanément aux traitements mentionnés à l’article 1er est fixé à deux, sur le matériel suivant : DJI MAVIC 2 ENTERPRISE, DJI MINI 3 PRO », peut-on encore lire dans cet arrêté. « L’information du public est assurée via les réseaux sociaux de la Préfecture », ajoute celle-ci, et effectivement, contrairement à la journée d’actions du 10 septembre, la pref’ a cette fois tweeté sur le sujet la veille du jour J :

La préfecture a par ailleurs précisé le dispositif prévu : « Un dispositif de sécurité renforcé sera déployé toute la journée : activation du centre opérationnel départemental de la préfecture de l’Isère ; mobilisation de près de 700 policiers et gendarmes dont 2 unités de forces mobiles. Aucune violence, dégradation ou blocage ne sera toléré (sic). »
Enfin, comme le 10 septembre, des drones et un hélicoptère de la section aérienne de gendarmerie (SAG) de Lyon sont autorisés à filmer les manifestants autour de plusieurs péages (deux de plus que le 10 septembre) :
- Péage de Voreppe,
- Péage de Saint-Quentin-Fallavier,
- Péage de Chesnes à Saint-Quentin-Fallavier,
- Péage de L’Isle-d’Abeau,
- Péage de Villefontaine,
- Péage de Reventin-Vaugris,
- Péage de Chanas,
- Péage de Crolles.
« La présente autorisation est délivrée le jeudi 18 septembre de 6 h à 20 h », précise l’arrêté. « Le nombre maximal de caméras pouvant procéder simultanément aux traitements mentionnés à l’article 1er est fixé à deux », sur les matériels suivants :
– Hélicoptère EC-135 de la SAG de LYON équipé d’une boule optique WESCAM MX-15,
– En fonction du lieu d’emploi, l’un des drones suivants sera déployé :
– MAVIC 3 (M3ET-38)
– DJI MAVIC AIR 2 (SN 3N3BH6W00200HB)
– DJI MAVIC AIR 2 (SN 3N3BH7G0020378)
Vincent Degrez
(Photo de tête © Pexels/JESHOOTS.com)











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