Et les nouveaux noms des trois écoles voironnaises sont…

AU MENU CE SOIR | De quoi parlera-t-on lors du conseil municipal de ce mercredi 24 septembre ? Entre autres, de la subvention accordée à l’hôpital pour l’ouverture d’une salle de bloc, du changement de nom de trois écoles (Rue Haute a gagné son pari), de la suite du financement des travaux du Mail, de la vente à L’Amandine du local qu’elle loue jusqu’à présent à la Ville, et d’une (nouvelle) demande de subvention à la Région pour huit caméras de vidéosurveillance supplémentaires.

Six conseils municipaux seulement se seront tenus dans la salle d’honneur de la mairie de Voiron en 2025. Le nombre le plus faible à l’échelle des deux mandats du maire, Julien Polat. Jusqu’à présent, la norme était plutôt à huit conseils par an, avec un minimum de sept – par exemple en 2019, là aussi une année de campagne électorale pour les municipales. La loi impose un conseil municipal par trimestre, soit quatre sur l’année.

Plusieurs sujets intéressants émailleront la réunion de ce mercredi 24 septembre.

75.000 euros pour l’hôpital de Voiron… et toujours pas de soignants en plus ?

L’annonce avait été faite lors de la visite du ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, à l’hôpital de Voiron le 29 mars dernier : la Ville de Voiron et la Communauté d’agglomération du Pays voironnais (CAPV) s’étaient engagées à verser chacune 75.000 euros de « subvention d’équipement » en vue de l’ouverture d’un septième bloc opératoire.

« La salle sera équipée et mise en service par le CHUGA, gestionnaire du projet », peut-on lire dans les projets de délibérations du conseil municipal. « Le coût total du projet est estimé à 400.000 euros. La Ville de Voiron et la Communauté d’agglomération du Pays voironnais s’engagent chacune à verser une subvention d’équipement de 75.000 euros, le solde étant financé par le CHUGA. »

Il était donc temps d’approuver par le vote cet engagement, qui correspond à environ 10 % du montant total des investissements dévoilés par le ministre en mars. Nous sommes cinq jours à peine avant l’accueil du premier patient dans cette salle supplémentaire, si l’on en croit un courrier de Monique Sorrentino, directrice générale du CHU Grenoble-Alpes, qui ajoutait :

« Les travaux ont été réalisés, les commandes sont passées et des recrutements paramédicaux ont été effectués (3 infirmiers et 1 infirmier de bloc déjà recrutés). Comme annoncé, cette salle fonctionnera 3 jours par semaine pour commencer, puis 5 jours/semaine en 2026. »

Il est, on le voit, plus que temps d’approuver en conseil municipal « la convention relative à l’attribution d’une subvention d’équipement pour l’ouverture d’une septième salle de bloc opératoire à l’hôpital de Voiron-CHUGA », « d’autoriser Monsieur le Maire à signer ladite convention avec la Communauté d’agglomération et le Centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes », et « de valider le versement d’une subvention d’équipement de 75.000 euros au Centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes, conformément aux modalités prévues dans la convention ».

Avec cette petite impression de valider l’action a posteriori. Un peu comme ces caméras de vidéosurveillance installées avant d’être votées.

Sans compter qu’au-delà des « subventions d’équipement », l’hôpital de Voiron a aussi besoin de personnel. Or, les soignants ne voient rien venir, depuis les annonces du ministre Neuder. Leur lettre à Éric Piolle (maire de Grenoble et président du conseil de surveillance du CHUGA) est restée sans réponse. Et ce n’est pas la réponse de Monique Sorrentino au Collectif santé voironnais qui est apte à rassurer dans l’immédiat. D’autant que les embauches envisagées ne suffiraient qu’à combler le vide laissé par les départs. Une nouvelle salle, du matériel flambant neuf… mais personne pour les faire tourner ?

Écoles : une célèbre avocate, une féministe et une athlète voironnaise

La deuxième délibération de ce soir porte sur les nouveaux noms de trois écoles voironnaises qui, jusqu’à présent, étaient désignées par leur situation : école de la Brunerie, école du Criel et école du Faton. L’annonce, cette fois, avait été faite par Julien Polat dans les colonnes du Dauphiné libéré le 27 février : « Nous avons mandaté les conseils d’école pour nous faire des propositions. Les élus arbitreront d’ici la rentrée de septembre 2025. »

Les nouveaux noms proposés pour approbation par le conseil municipal sont les suivants :

  • École de la Brunerie : école Gisèle-Halimi, « avocate, militante féministe et femme politique engagée pour les droits des femmes et l’égalité », peut-on lire dans le document préparatoire.
  • École de Criel : école Victoire-Daubié, « figure pionnière de l’émancipation féminine en France, notamment par le savoir », et « première femme à obtenir le baccalauréat ».
  • École du Faton : école Mélina Robert-Michon, « athlète originaire de Voiron », qui « détient le record de France du lancer de disque ».

Ce changement nom sera effectif dès l’année scolaire 2025-2026.

Pour Gisèle Halimi, j’avais parié, dans mon article du mois de mars sur le sujet, sur le choix de la députée de la 4e circonscription de l’Isère (comprenant, lors de son élection en 1981, le canton de Voiron). Notre commune imite notamment Voreppe qui, en septembre 2024, avait délibéré pour baptiser une « allée Gisèle-Halimi ».

Quant à Mélina Robert-Michon, au-delà des mérites propres à celle qui a été désignée à trois reprises « athlète française de l’année », cette décision pose la question de baptiser un espace public du nom d’une personne vivante. Le ministère de l’Intérieur (en réponse à une question d’une députée UMP) estime en effet qu’il est généralement « préférable d’éviter d’attribuer à une voie ou un édifice public le nom d’une personne vivante », et « particulièrement lorsque celle-ci exerce des responsabilités politiques ». Pas de responsabilités politiques pour la sportive d’exception, même si l’on me souffle que son oncle siégerait au sein de la majorité municipale à Voiron.

Subvention de la Région pour la 10e « phase de vidéoprotection »

« La Ville souhaite procéder au déploiement de la 10e phase de vidéoprotection », indique-t-elle dans ses projets de délibérations. « L’objectif est de prévenir les atteintes contre les personnes et les biens, de réprimer les actes de délinquance et de poursuivre les auteurs de ces infractions. » Et ce, sans que jamais l’exécutif n’ait pris la peine de prouver ces affirmations quant au pouvoir « préventif » des caméras. Des affirmations que même la Cour des comptes n’a pu vérifier au niveau national, malgré deux tentatives en ce sens.

« Dans cette perspective, il est envisagé la mise en œuvre de huit caméras supplémentaires, placées de manière à répondre à un besoin de protection de l’espace public manquant aujourd’hui, en cohérence et dans la continuité des phases de déploiement déjà opérées sur la ville les années précédentes.
Ces caméras seront connectées au réseau de fibre optique communal afin de permettre l’exploitation des images dans les lieux de visionnage (police municipale et police nationale). »

Sur la base de l’étude d’exécution réalisée, « le montant prévisionnel de l’opération s’élève à 77.699 euros HT ». La Région Auvergne-Rhône-Alpes devrait, à nouveau, mettre la main au portefeuille : « Dans le cadre de son intervention pour la sécurité de ses habitants, la Région Auvergne Rhône-Alpes accompagne les initiatives locales via une aide à l’investissement à destination des collectivités désireuses de développer leur dispositif de vidéoprotection, à hauteur de 50 % du montant des dépenses, plafonné à 15.000 euros par caméra. »

Appel financier au Pays voironnais pour la « modernisation » du Mail sud

Les travaux du Mail sud sont sur leur fin. Et dans le cadre du fonds de concours « Cœur de village-Cœur de ville », l’exécutif municipal compte percevoir 1.626.000 euros du Pays voironnais, sur un projet estimé au total à 5.813.886,42 euros hors taxes.

Si l’on déduit de ce montant global les subventions obtenues de l’État (730.000 euros HT) et l’aide financière du Département attendue (1.000.000 euros HT), le reste à charge pour la Ville de Voiron est donc de 2.457.886,42 euros HT.

On peut néanmoins s’interroger sur le bien-fondé d’inscrire un projet composé de la construction d’un parking-silo derrière le Grand Angle et de la rénovation d’une place, rénovation qui, dans la communication de la mairie, est passée du statut de « végétalisation » – au final, le gain d’espaces verts atteindra à peine 10 %, et il ne faudra pas chercher de pelouse à fouler, puisqu’il s’agit de longs bacs en béton encadrant les pieds des arbres (du moins ceux qui subsistent) – à celui de « requalification » puis de « modernisation ».

Problème : les projets éligibles au fonds de concours « doivent concourir à atteindre des objectifs reconnus comme prioritaires à l’échelle du territoire, en particulier dans sa contribution à la mise en œuvre et à l’atteinte des objectifs du plan Climat-Air-Énergie territorial (PCAET) et/ou du programme local de l’habitat (PLH) ». Difficile de voir comment le Mail « modernisé » contribue à lutter en profondeur contre le réchauffement climatique.

La majorité a beau affirmer que « la requalification de cet espace vise à donner plus de places (sic) aux piétons et aux cyclistes, pour favoriser leurs déplacements, mais aussi à la nature en ville par la déminéralisation, la plantation d’arbres, arbustes et espèces végétales nouvelles », on cherche encore la fameuse « coulée verte » longtemps promise sur le site internet de la Ville, et qui devait courir du jardin de ville jusqu’à la place de la République, devant l’église Saint-Bruno. Pour vraiment « donner plus de place (…) à la nature en ville par la déminéralisation », il aurait peut-être mieux valu ne pas reminéraliser par la suite.

La Ville de Voiron vend à L’Amandine le local qu’elle lui loue

En octobre 2021, la Ville de Voiron avait racheté le local commercial auparavant occupé par la Biocoop, à l’angle de la rue Béranger et du boulevard de la République, « afin d’installer dans des lieux plus fonctionnels, spacieux et dans des conditions de centralité meilleures l’épicerie solidaire L’Amandine, qui auparavant se trouvait dans des locaux exigus place Porte de la Buisse ».

Or, le loyer demandé à l’association pesait de plus en plus lourdement sur ses finances, me dit-on. C’est pourquoi L’Amandine a choisi de racheter ce local de 328 m². « Les parties ont convenu d’un prix de 205.000 euros, conforme à l’avis de la Direction de l’immobilier de l’État, préalablement saisie par la commune. »

Vincent Degrez

(Photo de tête © Wikipedia/Olivier “Toutoune25” Têtard/Bibliothèque Marguerite Durand/Wiki-75013)

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