Voiron, ville féministe ou ville en campagne ?

À la rentrée prochaine, trois écoles voironnaises seront rebaptisées du nom de femmes. Louable effort, mais quelle est la réalité de la place des femmes au sein de la Ville ? Voiron est-elle vraiment une commune féministe, ou cette décision s’inscrit-elle surtout dans un contexte électoral ? Les débats en conseil municipal permettent d’avoir une autre vision de ce dossier.


Dans cet article, vous apprendrez peut-être que…

  • Les écoles de Criel, du Faton et de la Brunerie seront rebaptisées du nom de femmes à la rentrée prochaine.
  • L’exécutif voironnais n’a pas toujours manifesté un intérêt marqué pour les questions d’égalité femmes-hommes.
  • Pour les noms de rues, notamment, Voiron ne compte pas atteindre un quelconque équilibre dans le futur.
  • Les femmes qui travaillent pour la Ville sont résolument moins bien payées que les hommes, et que cela n’a guère changé entre 2021 et 2023.
  • Il est inenvisageable, pour le maire de Voiron, de faire disparaître Pierre du nom de la future école fusionnée Pierre-et-Marie-Curie.
  • Avec trois écoles placées sous le haut patronage de trois femmes, Voiron prend la bonne direction… mais à un rythme de sénateur.

Le Dauphiné libéré a dévoilé, le 27 février, la volonté de Julien Polat, maire de Voiron, de rebaptiser trois écoles primaires du nom de femmes. Ces trois écoles sont pour le moment désignées par leur quartier : Criel, Faton et Brunerie. Le maire a précisé, cité par le quotidien :

« Sur les sept écoles de la ville, trois portent le nom d’un homme illustre, Jean Moulin, Jules Ferry et Jean de la Fontaine, et une porte celui du couple Pierre et Marie Curie. Il reste donc les trois écoles portant le nom du quartier où elles sont implantées : Criel, le Faton et la Brunerie. Nous avons mandaté les conseils d’école pour nous faire des propositions. Les élus arbitreront d’ici la rentrée de septembre 2025. »

Cette annonce a été réalisée à l’occasion de la 2e édition du concours d’éloquence organisé par la Ville sur le thème « femmes et mémoire ». Moins de trois semaines après avoir mis à l’honneur six « femmes qui font Voiron » le 7 février à la salle des fêtes.

La question se pose : à un an des municipales, Julien Polat cible-t-il le vote féminin ?

Égalité femmes-hommes : une place qui fait débat en conseil municipal

Cette volonté de rétablir une forme d’équilibre dans les noms des écoles voironnaises est certes louable. En revanche, l’édile n’a pas toujours manifesté un intérêt marqué pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Flash-back. Le 9 mars 2022, lors du conseil municipal, les élus doivent notamment délibérer sur le budget – une présentation toujours assez longue et touffue, des débats tendus, et un vote sans surprise (la majorité occupant 28 des 35 sièges).

Anne Favier (liste d’opposition Voiron citoyenne) soulève néanmoins un point de droit : le conseil municipal a commencé le débat sur le budget ; or, la loi impose de présenter le rapport sur l’égalité femmes-hommes au sein de la commune avant de voter le budget.

La symbolique est même assez crue, puisque l’exécutif, dans son ordre du jour de séance, a placé le vote sur ce rapport en dernier lieu, soit à la 16e place (sur 16 délibérations prévues), comme le prouve cet extrait du document préparatoire :

Effectivement, l’article 61 de la « loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » (4 août 2014) indique (je souligne) :

« Dans les communes de plus de 20.000 habitants, préalablement aux débats sur le projet de budget, le maire présente un rapport sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes intéressant le fonctionnement de la commune, les politiques qu’elle mène sur son territoire et les orientations et programmes de nature à améliorer cette situation. Le contenu de ce rapport et les modalités de son élaboration sont fixés par décret. »

Quelque peu agacé, ou simplement bloqué dans son élan budgétaire, Julien Polat rétorque à Anne Favier : « Ça modifie votre perception du budget ? » Traduction : discuter de l’égalité entre les femmes et les hommes à Voiron aura-t-il la moindre influence sur le vote autour du budget ? Sans doute que non. Mais le maire instaure implicitement une hiérarchie dans les votes et les débats. Et relègue la question de l’égalité femmes-hommes loin, très loin de ses préoccupations principales – à la dernière place, pour être exact.

Anne Favier : « En tout cas, c’est la loi. »

Julien Polat : « Bon, écoutez, on va passer cette délibération d’abord. Allez. Donc, la parole est à Armelle Le Bourdonnec pour l’exposé du rapport égalité femmes-hommes. »

« On ne rattrape jamais l’histoire » (Armelle Le Bourdonnec)

Après la présentation dudit rapport par l’adjointe chargée de la culture, de la citoyenneté, de l’innovation et du devoir de mémoire, Anne Favier fait valoir ses critiques, notamment autour du nom des rues :

« Sur la partie éducation, dans le plan prévu, il y a uniquement, au niveau de la vie scolaire, la question de changer structurellement les espaces, notamment des cours de récréation de Criel et Jean-Moulin, et rien sur la question pédagogique.
Et je regrette fortement, nous regrettons fortement qu’il n’y ait même plus la possibilité dans le nom des rues d’arriver à une égalité. »

Cette fois, c’est Armelle Le Bourdonnec qui, en réponse, s’agace :

« Moi, je voudrais intervenir sur les noms de rues. Pour l’instant, on n’en a pas inauguré beaucoup, cette année. On est en train de retravailler, et je m’y étais engagée, et Monsieur le Maire m’avait confié cette mission, à chaque fois, qu’il y ait un homme et une femme.
Alors, certaines ou certains m’ont dit qu’on devrait rattraper. On ne rattrape jamais l’histoire. On essaie d’aller en avant et d’aller de l’avant. Et moi, je me suis engagée à ce que les femmes soient mises en avant en termes de toponymie. Et je m’y engage vraiment, et je maintiendrai ce cap. »

En effet, à raison de 50% de nouveaux noms de rues au féminin, mathématiquement « on ne rattrape jamais l’histoire », c’est un fait.

Julien Polat appelle enfin à voter sur le rapport… avant de se raviser, réalisant qu’il ne s’agit pas de voter mais simplement d’en prendre acte.

Sa conclusion permet de prendre la mesure de son implication dans cette question de l’égalité femmes-hommes (je souligne) :

« Ah oui, on prend acte. Bon, ce n’est pas mon truc, sur le plan réglementaire, ce rapport. Allez, on prend acte de ce rapport. »

Dont acte.

À Voiron, jusqu’à 55 % de primes et indemnités en plus pour les hommes

Que peut-on précisément lire dans le rapport 2021 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, présenté en mars 2022 par Armelle Le Bourdonnec, sur la situation des travailleuses au sein de la Ville de Voiron ?

Notamment qu’en termes de salaire brut, elles touchent 1,9% de moins que leurs confrères. En revanche, du point de vue des indemnités et primes, la différence grimpe à près de 11%. « On découvre que selon la filière et la catégorie les écarts peuvent être très variables »  », précise le rapport. « Comme par exemple, la catégorie B de la filière administrative, où l’écart moyen de salaire s’élève à 38 %, et à 55 % pour la partie indemnités et primes» Pas de chance, c’est justement dans cette catégorie B, où les écarts sont les plus grands, que la proportion d’hommes est la plus forte (39 femmes pour 35 hommes).

Et si les femmes se taillent la « part du lion » des effectifs de catégorie A…

… il ne faut pas négliger le fait qu’il existe « une forte disparité concernant les membres du comité de direction ». reprend le rapport :

« La part des femmes en emploi fonctionnel et de direction représente seulement 20 %. Ce taux est inférieur à celui des femmes en encadrement supérieur dans l’ensemble de la fonction publique territoriale (31 %). Pour les emplois de chef(fe) de service ou d’équipement, ce taux monte à 59 %. »

Autrement dit, les postes de direction sont encore majoritairement occupés par des hommes.

Deux ans plus tard, les choses ont-elles changé ?

La situation a-t-elle beaucoup évolué entre 2021 et 2023 ? Difficile à dire. Car le rapport 2023 sur l’égalité femmes-hommes au sein de la Ville de Voiron ne livre pas tout à fait les mêmes catégories de chiffres.

On ne dispose par exemple plus de la ventilation entre salaire brut et indemnités/primes, mais seulement des « moyennes des rémunérations des titulaires globale », ainsi que des « moyennes des rémunérations par catégorie » :

On peut toutefois observer que l’écart de rémunération a légèrement diminué pour le salaire brut global (2,91 % en 2023, contre 3,38 % en 2021). Cet écart étant autrement fort sur le plan des indemnités et primes en 2021, il est dommage de ne pas pouvoir comparer cette dimension après deux ans d’efforts en faveur de l’égalité.

Le rapport de 2023 offre malgré tout la ventilation des « rémunérations moyennes par catégorie ». Et l’on voit qu’en 2023, les travailleuses de catégorie A étaient payées 11,38 % de moins que leurs homologues masculins, avec un écart de près de 10 % en catégorie C et d’un peu plus de 4 % en catégorie B. Pour la catégorie A, cela signifie près de 5.400 euros de différence.

Et si l’on inspecte les moyennes salariales en fonction de la filière d’activité, les choses deviennent un peu plus cruelles encore :

Dans l’administratif (54 femmes pour 8 hommes, ou 43 équivalents temps plein (ETP) côté femmes pour 3 côté hommes), l’écart dépasse 30 %, soit une différence de 13.434,12 euros. Il atteint près de 10 % dans les effectifs de la police municipale (où les femmes sont peu représentées : 2 pour 7 hommes si l’on en croit le tableau des effectifs, 3 ETP pour les femmes contre 7 pour les hommes selon le tableau ci-dessus), avec une différence dépassant 3.400 euros.

Les femmes de la Ville de Voiron ne sont mieux payées que les hommes que dans la filière médico-sociale, où la comparaison est difficile au vu du déséquilibre des effectifs : 43 femmes pour seulement… 1 homme.

Pour ce qui est du « bilan de l’analyse », le rapport pointe ceci :

« Enfin, au-delà de l’équilibre en effectif, la typologie des emplois reste parfois encore très imprégnée des stéréotypes partagés largement par les publics accueillis et par la société en général, comme par exemple : « une puéricultrice », « une » ATSEM, « une dame » de la cantine, « un » balayeur, « une » secrétaire…
Des efforts sont faits pour « dégenrer » en renommant les intitulés de poste, comme par exemple « responsable hôtelier » en remplacement de « maîtresse de maison » ou avec l’utilisation d’acronymes
(sic) : aide-soignante (AS), agent service hôtelier (ASH) et infirmière (IDE), mais cela reste insuffisant et un travail d’incitation doit se traduire par des embauches d’hommes pour l’entretien des locaux et de femmes pour le nettoyage des rues, comme cela se fait couramment dans d’autres pays. »

Tout ceci serait très bien, s’il ne s’agissait pas d’un quasi-copier-coller du « bilan » du rapport 2021, où l’on pouvait lire :

« Enfin, au-delà de l’équilibre en effectif, la typologie des emplois reste encore très imprégnée des stéréotypes partagés largement par la société. « Une femme » de ménage, « un » balayeur, « une » secrétaire…
Des efforts sont faits pour « dégenrer » ces intitulés, mais cela reste insuffisant et un travail d’incitation doit se traduire par des embauches d’hommes pour l’entretien des locaux et de femmes pour le nettoyage des rues, comme cela se fait couramment dans d’autres pays. »

Le « travail d’incitation » et les « embauches d’hommes pour l’entretien des locaux et de femmes pour le nettoyage des rues » n’auraient-ils pas avancé en deux ans ?

« L’hommage à Marie Curie, à Voiron, il ne fait pas question »

Revenons maintenant en 2025. Le 29 janvier, l’exécutif annonce en conseil municipal la fusion des écoles Jules-Ravat et Pierre-et-Marie-Curie. À la fin du débat sur ce point, c’est Éric Laroche-Joubert (liste Horizons voironnais) qui évoque la question du nom de la future école fusionnée. L’élu d’opposition propose de retirer le nom de Pierre pour ne garder que celui de Marie Curie, ou d’opter pour une autre Française prix Nobel de physique :

« On va changer le nom de l’école. J’ai eu une grand-mère qui, jeune, a rêvé d’être Marie Curie. C’était dans les années 1910-1920. Ce rêve l’a poussée à faire des études. Son rêve de chimiste était possible.
À Voiron, nous avons des Jean, Jean Moulin, Jean de La Fontaine, un Ferdinand Buisson, Édouard, Jules. Nous pourrions avoir une école avec le nom d’une femme prix Nobel. Ce serait intéressant. C’est vrai qu’on pourrait enlever Pierre et laisser seulement Marie, Marie Curie.
Je trouve que ce ne serait pas mal d’avoir le nom d’une femme, une physicienne, prix Nobel. Je pense qu’en 2023, il y a eu une femme prix Nobel, Anne L’Huillier. Ce ne serait pas mal, une physicienne. »

Deux options, donc. Soit reconnaître à Marie Curie la possibilité de donner seule son nom à un établissement scolaire, soit choisir celui d’une autre femme : Anne L’Huillier qui, en 2023 (et comme Marie Curie 120 ans plus tôt, d’ailleurs), a partagé son prix Nobel de physique avec deux hommes.

Julien Polat ne répondra pas sur la seconde proposition. Quant à la première, il la balaie, fort de sa conviction de ce qu’aurait souhaité celle qui a également reçu le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium :

« Alors, M. Laroche-Joubert, Marie Curie était une femme éminente. Nul n’en doute, nul ne le conteste. Elle porte le nom de cette école (sic). Et il me semble qu’il est proposé ce soir de décider que l’école porte son nom. À la nuance près qu’il est proposé qu’on maintienne l’école Pierre-et-Marie Curie, Pierre ayant été, je crois, tout aussi éminent que son épouse. Je ne suis pas certain que Marie Curie aurait aimé qu’on fasse disparaître des tablettes de l’histoire celui qui a partagé sa vie, avec qui elle a partagé nombre de ses travaux. »

Sans dénigrer son époux Pierre, on peut souligner que Marie Skłodowska-Curie est la première femme à avoir reçu le prix Nobel et, à ce jour, la seule femme à en avoir reçu deux. Elle reste la seule personne à avoir été récompensée dans deux domaines scientifiques distincts. Elle est également la première femme lauréate, avec son mari, de la médaille Davy de 1903 pour ses travaux sur le radium (source : Wikipedia). Et la liste des distinctions ne s’arrête pas ici.

Par ailleurs, si l’on en croit le maire de Voiron, Éric Laroche-Joubert aurait dû réaliser que son souhait d’un lieu baptisé du seul nom de Marie Curie – qui, rappelons-le, n’est pas son nom de naissance, mais son nom d’épouse, ce qui pourrait interpeller les élu·es voironnais·es en 2025 – était déjà exaucé :

« Je tiens quand même à vous rappeler qu’on a une avenue Marie-Curie qui, au demeurant, devrait satisfaire votre attente, puisque ce n’est pas l’avenue Pierre-et-Marie Curie, c’est l’avenue Marie-Curie. Donc, l’hommage à Marie Curie, à Voiron, il ne fait pas question. »

Malgré l’existence de cette avenue « 100 % Marie Curie » à Voiron, le maire n’est absolument pas convaincu de l’opportunité d’isoler l’épouse du mari pour la future école fusionnée :

« Moi, je n’imagine pas une seconde qu’on puisse considérer qu’il y aurait un progrès notable ce soir en faisant en sorte que l’école Pierre-et-Marie-Curie devienne l’école Marie-Curie toute seule. Et si ce qui vous importe – et c’est totalement légitime, et je respecte votre émotion à l’évocation du rêve de votre grand-mère –, c’est la reconnaissance de Marie Curie comme étant une personnalité qui a marqué l’histoire et qui doit, à ce titre, être gravée dans le marbre, si c’est ça votre préoccupation, franchement, elle est honorée avec notre proposition ce soir [de conserver la dénomination Pierre-et-Marie-Curie pour l’école fusionnée]. »

Johanne Vial prend alors la parole pour seconder son colistier :

« Pour rebondir, on aurait pu faire Marie-et-Pierre-Curie. Voilà, on aurait eu les deux. (…) Non ? Pourquoi pas ? Et puis, savoir ce que Marie Curie aurait pensé, je pense que les femmes, à l’époque, on ne leur demandait pas trop leur avis. On ne le leur demande toujours pas trop. »

Julien Polat : « Elle l’a donné sans qu’on lui demande, parce que dans ce cas-là, Marie Curie, je pense qu’elle a une voix qui a porté suffisamment pour qu’on ne pense pas qu’elle ait été éteinte dans l’histoire. »

Johanne Vial : « Des fois, il faut travailler deux fois plus, vous savez. »

Pas d’école Marie-Curie à Voiron, donc. Pas plus que d’école Marie-Skłodowska-Curie, et a fortiori d’école Marie-Skłodowska, son nom de naissance.

Les conseils d’école auront la possibilité de « faire des propositions », tandis que « les élus arbitreront d’ici la rentrée de septembre 2025 ». Si les conseils d’école sont autant consultés et informés que pour la fusion des écoles Jules-Ravat et Pierre-et-Marie-Curie, on peut douter de l’ampleur de leur marge de manœuvre. Décisionnaires in fine, les élus ont-ils déjà arrêté une liste ?

Prenons les paris : une école Simone-Veil ? Une école Gisèle-Halimi, à l’image de Voreppe qui, en septembre 2024, a délibéré pour baptiser une allée du nom de la députée de la 4e circonscription de l’Isère (comprenant, lors de son élection en 1981, le canton de Voiron) ?

Ou peut-être un hommage à Cécile Poncet, qui a fondé en 1906 le syndicat libre des ouvrières du tissage de Voiron. Voire le retour de Lucie Baud qui, après un square plutôt difficile à dénicher et le Centre des cultures du monde (auquel s’est adjointe l’appellation « espace Lucie-Baud » en 2023), mériterait sans doute d’avoir une école sous son haut patronage.

Féminisation des noms d’école : Voiron prend le tournant… à son rythme

En septembre prochain, la Ville de Voiron vise néanmoins une égalité parfaite dans le genre des noms d’écoles : trois hommes, un couple hétérosexuel et trois femmes (du moins, si les élus n’arbitrent pas à nouveau en faveur d’un couple). Élargissons la focale. Qu’en est-il des dénominations d’école à l’échelle du pays ?

En 2023, moins d’un quart des écoles en France portaient le nom d’une femme. La seule femme présente dans le top 10 ? Marie Curie…

Cela fait dire très logiquement au Conseil d’évaluation de l’école que « les femmes sont largement minoritaires dans les personnalités honorées, en particulier dans le second degré ».

« De manière générale, les femmes sont très peu présentes dans le palmarès des noms d’établissement. Un seul nom féminin, en l’occurrence celui de Marie Curie, figure parmi les 10 personnalités les plus répandues dans le nom des écoles et des collèges. Au lycée, Marie Curie, en troisième position, est rejointe par Camille Claudel dans la liste des noms les plus donnés : 14 établissements, regroupant près de 10.000 élèves, portent le nom de cette dernière, soit le 9e nom le plus courant pour les lycées.
Le classement de ces deux personnalités ne doit pas occulter la proportion relativement faible de noms féminins attribués aux lycées : lorsqu’un établissement de ce type porte le nom d’une personnalité, il s’agit d’une femme dans seulement 16 % des cas. Le taux de noms féminins est à peine supérieur pour les collèges (17 %). Il est un peu plus élevé dans le premier degré, bien que les noms de femmes y restent largement minoritaires : parmi les écoles dont le nom est celui d’une personne, moins d’une sur quatre (23 %) rend hommage à une femme. »

La tendance est néanmoins à la féminisation des noms d’établissement depuis 2017, note encore le CEE : « Les noms attribués le plus récemment se distinguent fortement en ce sens qu’ils accordent aux femmes une place beaucoup plus importante. » Ceci dit, quand on regarde les proportions d’un peu plus près, on voit que, si le gouffre commence à se combler parmi les collèges, la différence se creuse entre écoles et lycées portant le nom d’un homme ou d’une femme.

Autrement dit, 45% des écoles nouvelles ou dont le nom a changé ont reçu le nom d’une femme, contre 57% qui ont opté pour un nom masculin[1]. Cela signifie que, depuis 2017, les noms masculins ont malgré tout été davantage attribués à des écoles que des noms féminins.

Il reste du pain sur la planche.

Si, à la rentrée de 2025 à Voiron, on prendra un bon virage, celui-ci arrive tout de même assez tard. Et symboliquement, une avenue ne compense peut-être pas une école.

Vincent Degrez


[1] Le fait que le total dépasse 100% vient de ce que certains établissements ont reçu plusieurs noms, dont un féminin et un masculin. « Pierre-et-Marie-Curie », par exemple.

Une réponse à « Voiron, ville féministe ou ville en campagne ? »

  1. Avatar de Au menu ce soir (2) : Vival racheté, impôts et surtout égalité femmes-hommes – Rue Haute

    […] trois écoles voironnaises devraient porter le nom de femmes à la rentrée prochaine, mais avec une proportion de 94,12% de noms d’hommes attribués à des […]

    J’aime

Laisser un commentaire